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Accueil > Les Mondes en Direct > Le Transssibérien
Le Transssibérien
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Date :
De :
Sujet :
Provenance :

Octobre 1999
Denis
Le Transssibérien
Moscou / Russie

Le lendemain après une pause paysage d’une heure (obligatoire chaque jour) je me suis dirigé vers le compartiment de M. Li histoire d’avoir une petite discussion matinale avec lui. Au dehors, il y avait une tempête de neige. On distinguait au loin des tourbillons de neige monter vers le ciel, blanchissant l’horizon tandis que des bourrasques venaient secouer le train qui me semblait déjà pas des masses stable. On avait toutefois senti un net ralentissement dans le rythme régulier du train, sûrement afin de reprendre un peu d’équilibre ou de laisser le wagon chasse neige au devant de nous le temps de dégager la neige. Ces précautions n’empêchaient pas les suspensions du wagon de crier grâce dans des cris de souffrance inquiétants. On ne pouvait pas dire que ce soit les vagues bricolages sur les roues à la frontière Mongole qui nous rassuraient.

La pause terminée je suis allé prendre mon repas du midi au wagon restaurant. Arrivé sur place, et pendant que j’étais assis en train de manger, je regardais au dehors le train entrer en gare. Dès l’arrêt du train, une dizaine de personnes sortirent du train pour aller vendre des vêtements. J’avais entendu parler de ces " business parallèles " en Russie. Les gens achètent des vêtements à Pékin pour des prix plancher et les revendent jusqu’à 10 fois leur prix en Russie dans les gares où le train s’arrête.

Ainsi, dès l’arrivée du train, on peut voir des dizaines de personnes venir vers le train, non pour y monter, mais pour acheter des vêtements. Dès lors, on vend de partout, les fenêtres sont autant de comptoirs que les portes sont des lieu de livraison. Intrigué par ce spectacle j’ai sorti mon appareil photo afin de figer le spectacle sur une pellicule, ce qui n’était décidément pas du goût de Dimitri.

Je le vis alors s’approcher de ma table avant de s’asseoir en face de moi. Il me demanda alors quelle était ma nationalité. Le fait de savoir que je n’étais que français avait l’air de le rassurer. Pourtant il renchérissait de questions. Il voulait également savoir quel était mon travail, si je ne faisait pas un peu de journalisme par hasard ne serait-ce qu’en amateur, ce que je m’empressait d’infirmer.

Il me fit alors comprendre que le fait de prendre ces photos pouvait poser problème et qu’il serait intéressant que j’envisage de ne mitrailler que des paysages plutôt que des gens au travail. Le message était clair. Quelques-uns de ses acolytes s’étaient réunis spontanément sur les tables autour et me fixaient avec insistance. Sans broncher, je reposais mon appareil dans mon sac avant de quitter nonchalamment le wagon restaurant.

L’après-midi fut consacrée à la lecture et au repos. Je décidais sagement de ne pas aller au restaurant le soir histoire de laisser reposer les esprits quelques peu échauffés à midi. Je dînais donc seul dans ma cabine des pattes (offertes par mes amis avant le départ –merci les gars-).


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