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Provenance :
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Octobre
1999
Denis
Le Transssibérien
Moscou / Russie |
J’avais déjà
entendu parler de problèmes à la frontière
Mongole à Pékin mais le discours d’Allan
dans ce domaine n’était pas fait pour me
rassurer. On m’avait dit que les douaniers mongols
, prétextant d’un passeport ou d’un visa
faux détroussait les voyageurs de leur argent
et que tout refus de coopérer menait à
la prison (rappelons que les prisons mongoles à
–40°C ne sont pas les plus cotées à
l’heure actuelle !). L’un de mes amis à pékin
avait une connaissance qui avait croupi 5 jour en
prison pour avoir refusé d’arroser un douanier.
Et Allan qui connaissait bien les mongols pour avoir
longtemps vecu dans le pays et les passages de frontière
difficile m’a confirmé tout en bloc !
C’est
donc préoccupé que je me préparais
a passer cette frontière. Allan l’était
tout autant car il avait emporté avec lui
pour 500 $ de matériel et pour 1000$ de soie
pure (afin de se confectionner des vêtements
traditionnels sic) ce qui lui garantissait d’avoir
des problèmes à la frontière…
Donc, dès la frontière chinoise, j’eus
l’initiative d’aller discuter avec les responsables
de wagon chinois afin d’en savoir plus sur ce qui
pouvait arriver à la frontière et
d’essayer d’obtenir de l’aide de leur part pour
cacher le matériel d’Allan et couvrir la
page arrachée de mon passeport. Ils se sont
voulu rassurant mais nous ont bien signalé
qu’ils ne pouvaient en aucun cas intervenir directement
en cas de problème. Ils ont toutefois caché
le matériel d’Allan avant la frontière.
Après
une demi-heure d’attente angoissée nous nous
sommes arrêtés de nouveau dans une
gare. Au dehors on pouvait discerner des hurlements
en Mongol sortir des hauts parleurs. Dans le train,
tout le monde parlait, mais personne ne disait rien,
on attendait… Cette ambiance rappelait le passage
de la frontière allemande du temps de nazis,
tout était fait pour impressionner…
C’est
alors q’un grand bruit de porte se fit entendre
et trois hommes en uniformes se présentèrent
à l’entrée du Wagon. Eux aussi avaient
dû regarder pas mal de film de guerre, ils
avaient le style vestimentaire et la courtoisie
que l’on connaissait aux nazis. En entrant ils donnèrent
un grand coup dans le mur. Un homme s’avança
en hurlant " Passport, get out of your cabin ".
Sagement
nous sommes sortis de nos cabines en tendant notre
passeport. Avant de se consacrer à nous,
il discutèrent 5 minutes avec les responsables
de wagon (ce qui a joué en notre faveur j’en
suis sûr !). Puis ils sont venu inspecter
nos passeport un à un. Pendant ce temps,
un second militaire en treillis passait notre cabine
au peigne fin. Comme je m’y attendais, mon passeport
ainsi que mon visa étaient en règle
mais le douanier fit un arrêt prolongé
sur la page déchirée… ambiance.
Heureusement,
le responsable du wagon a immédiatement réagit
en lui parlant d’autre chose et en mettant en exergue
que mon visa restait valide ce qui, miraculeusement,
mit fin au contrôle. Pour Allan, les choses
ne se passait pas mal du tout, il montrait ses perfusions
de morphine afin de prouver que son état
de santé pouvait rapidement s’aggraver en
cas d’émotion forte et, avec un nouvel appui
des responsables du train, les douaniers partirent
sans lui faire d’ennui…
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